Authentifiez votre bouteille

Château Langoa & Leoville Barton

Grands crus classés en 1855 - Saint Julien

FR | EN

Histoire de famille

Thomas Barton1695 - 1780

C‘est en 1722, à l’âge de 27 ans que Thomas Barton quitta son Irlande natale et sa ville de Curraghmore dans le comté de Fermanagh, qui l’avait vu grandir.

Il fit son éducation professionnelle avec ses oncles maternels Thomas et William Dickson qui étaient des marchands importants et qui commerçaient déjà beaucoup avec la France. C’est pourquoi il fut envoyé en France, en premier à Montpellier, puis à Marseille. Cette carrière ne le prédestinait donc pas à devenir négociant en vins, mais quand en 1725 il arriva à Bordeaux, l’un des plus important port de la façade Atlantique, il manifesta son intérêt pour le vin et décida bientôt de fonder sa première compagnie qui devint plus tard Barton & Guestier.

Très vite ses affaires devinrent florissantes grâce à ses contacts et fidèles clients d’Irlande. C’était un homme de caractère, intraitable mais honnête dans ses affaires ; dès 1737 il avait déjà amassé une petite fortune et conquit l’estime des bordelais qui le surnommèrent «French Tom». En 1743, il amena son fils William à prendre part aux affaires, mais William n’avait pas l’envergure de son père et leurs relations ne furent jamais au mieux.

A cette époque la loi connue sous le nom de «Droit d’Aubaine» stipulait que tous les biens d’un étranger décédant en France devenaient propriété de la Couronne Française. C’est pour cette raison qu’il ne fit jamais l’acquisition de vignobles en France préférant investir ses importants profits en Irlande.

Il loua une séduisante demeure dans le Médoc, Château Le Boscq à Saint-Estèphe, mais c’est à son petit-fils Hugh qu’il revient d’avoir été le premier membre de la famille à posséder un vignoble. Thomas acheva sa vie en 1780, à l’âge de 85 ans.

Hugh Barton1766 - 1854

Après le décès de Thomas Barton en 1780, les biens familiaux en France et en Irlande furent donnés en héritage à son fils unique William dont la nature acrimonieuse causa de nombreuses mésententes, disputes et procès à l’intérieur comme à l’extérieur du cercle familial. William eut neuf enfants, six garçons et trois filles.

Les fils aînés héritèrent de différentes propriétés en Irlande et Hugh, le quatrième fils, hérita des affaires à Bordeaux. Hugh est né en 1766. Le commerce des vins avait connu des temps difficiles et les querelles incessantes entre William et sa famille n’étaient pas de nature à améliorer ce contexte. Pourtant, quand en 1786 Hugh débuta sa carrière de négociant en vins à l’âge de vingt ans, le chiffre d’affaires de la société familiale était estimé à 2,5 millions de Livres Sterling. Grâce à l’énergie de Hugh et à son efficacité la compagnie fut très florissante jusqu’à la Révolution en 1793. Entre temps Hugh avait épousé Anna Johnston, fille d’une autre famille anglo-irlandaise à Bordeaux. Le 14 Octobre 1793 Hugh et Anna furent arrêtés et incarcérés en compagnie d’autres résidents britanniques à Bordeaux.

Leur patrimoine fut saisi et leur futur était incertain. William, malade, fut autorisé à rester à son domicile, mais sous bonne garde. Il disparut tristement le 23 octobre avant que Hugh ne puisse le revoir. Finalement, Hugh et Anna furent libérés de manière inespérée le 21 décembre 1793. Ils quittèrent longuement la France pour l’Angleterre et l’Irlande mais Hugh maintenait ses relations en France et l’activité prospéra à tel point qu’il fut en mesure d’acheter Château Langoa en 1821 et une parcelle du domaine de Léoville en 1826 qui devint plus tard Léoville Barton. De plus il fit l’acquisition en 1835 de terrains situés dans le comté de Kildare en Irlande. C’est à cet endroit qu’il fit bâtir Straffan House, maison familiale pour les générations suivantes où Anthony, propriétaire actuel des vignobles, naquit en 1930. Hugh poursuivit sa brillante carrière jusqu’à sa mort en 1854.

Ronald Barton1902 - 1986

Dans la lignée de Hugh Barton, trois générations lui succédèrent à la tête des deux vignobles mais ils passèrent la majeure partie de leurs vies plus en Irlande qu’en France. Il appartint à Ronald de devenir le premier Barton depuis Hugh à prendre en mains les intérêts français de la famille. Ronald naquit à Londres en 1902.

Après des études à Eton et à Oxford, il arriva à Bordeaux en 1924 et manifesta rapidement un vif intérêt pour les affaires de Barton & Guestier, négociants à Bordeaux ainsi que pour les vignobles de Langoa et Léoville, situés à Saint-Julien. Bertram Hugh, son père, avait racheté les parts de son frère et de deux cousins et en conséquence se trouvait en position de pouvoir transmettre à Ronald l’intégralité des vignobles. Il divisa le capital de Barton & Guestier entre ce dernier et Derick, son fils aîné, auquel il fit également don du domaine de Straffan en Irlande.

En juin 1940, il quitte précipitamment la France pour rejoindre le “Royal Inniskilling’s fusiliers” où il devint officier de liaison avec les forces françaises libres d’abord en Angleterre puis au Moyen Orient et dans la campagne de Syrie.

ll revint en France en 1945 et retrouva les vignobles dans un état déplorable. Fort de son caractère pétrit de courage et d’optimisme, il les remit patiemment en état et fut récompensé de ses efforts par une série de fameux millésimes en 1948, 1949, 1953, 1955, 1959 et beaucoup d’autres. Il veilla à leur destinée jusqu’à sa mort en 1986, non sans en avoir fait don en 1983 à son neveu Anthony. En effet, Ronald n’a pas eu d’enfant et a désiré passer la main à un membre de sa famille pour conserver le domaine légué par son ancêtre. Quand Anthony Barton, le propriétaire actuel, lui écrivit pour exprimer sa gratitude, Ronald lui répondit «Ce n’est pas moi qu’il convient de remercier, mais Hugh. Simple gardien des vignobles, j’ai toujours considéré que mon devoir était de les transmettre à mon héritier dans les meilleures conditions possibles.» C’est ce qu’il fit !

Histoire de famille - Anthony Barton - Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit. Fusce consectetur lacus a sapien auctor eu facilisis.
Histoire des vins - La dégustation
Histoire du château - François Bréhant